Début 2026, les Philippines se sont retrouvées en première ligne d'un choc énergétique mondial. Les conflits au Moyen-Orient et la fermeture temporaire du détroit d'OrmuzDébut 2026, les Philippines se sont retrouvées en première ligne d'un choc énergétique mondial. Les conflits au Moyen-Orient et la fermeture temporaire du détroit d'Ormuz

Comment la politique fiscale et les incitations ont répondu au choc énergétique

2026/04/26 19:45
Temps de lecture : 9 min
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EN BREF :

• Le gouvernement a répondu au choc énergétique de 2026 en suspendant les droits d'accise sur certains produits pétroliers et en prolongeant les délais de dépôt des déclarations fiscales afin d'alléger les pressions sur les coûts et de soutenir les flux de trésorerie.

• Des politiques fiscales et d'incitation flexibles, notamment des dispositions temporaires de télétravail pour les entreprises enregistrées, ont contribué à équilibrer le soutien économique et la responsabilité réglementaire durant la crise.

Début 2026, les Philippines se sont retrouvées en première ligne d'un choc énergétique mondial. Le conflit au Moyen-Orient et la fermeture temporaire du détroit d'Ormuz ont perturbé le commerce pétrolier mondial, faisant fortement grimper les prix de l'énergie sur les marchés mondiaux.

Pour un pays fortement dépendant du carburant importé, les effets ont été immédiatement tangibles : hausse des prix à la pompe, augmentation des coûts de transport et pression croissante sur les industries à forte consommation d'énergie. En réponse, le président Ferdinand R. Marcos Jr. a déclaré l'état d'urgence énergétique nationale, permettant une réponse gouvernementale coordonnée dans le cadre des dispositifs juridiques existants afin de gérer les risques découlant des perturbations mondiales de l'approvisionnement en énergie.

Cet article examine les différentes mesures et actions politiques entreprises par les principales agences gouvernementales, notamment le Bureau of Internal Revenue (BIR) et le Fiscal Incentives Review Board (FIRB), pour stabiliser l'activité économique au milieu des perturbations en cours sur les marchés mondiaux de l'énergie.

SUSPENSION DES DROITS D'ACCISE EN TANT QU'INTERVENTION FISCALE
Un élément central de la réponse budgétaire du gouvernement à la hausse des prix mondiaux du pétrole a été la suspension des droits d'accise sur certains produits pétroliers, mise en œuvre dans le cadre d'un dispositif autorisé par la loi de la République (RA) n° 12316. Cette loi habilite le Président à suspendre ou à réduire les droits d'accise sur les produits pétroliers lorsque les conditions de marché prescrites sont réunies, permettant ainsi à la politique budgétaire de réagir rapidement à des chocs de prix extraordinaires sans nécessiter de nouvelle législation.

En vertu de cette autorité, l'Ordonnance exécutive (EO) n° 114, série 2026, signée le 16 avril et diffusée par le BIR via la Circulaire mémorandum sur les revenus (RMC) n° 0312026 le 17 avril, a suspendu l'imposition des droits d'accise sur le gaz de pétrole liquéfié (GPL) et le kérosène, sous réserve d'exclusions spécifiques, pour une période de trois mois à compter de son entrée en vigueur. Le GPL reste imposable lorsqu'il est utilisé comme intrant pétrochimique ou comme force motrice, tandis que le kérosène reste imposable lorsqu'il est utilisé comme carburant d'aviation.

Cette mesure a directement réduit les coûts du carburant au détail pour les ménages, les petits transporteurs et les industries dépendant du GPL et du kérosène.

Pour mettre en œuvre l'EO, le BIR a publié le Règlement sur les revenus (RR) n° 32026, qui fixe les règles d'application, les lignes directrices de conformité et les garanties administratives régissant la suspension des droits d'accise. Le RR n° 32026 prévoit expressément que la suspension des droits d'accise s'applique uniquement aux produits pétroliers qualifiés retirés du lieu de production ou de la garde douanière à compter du 17 avril. Cette suspension est également soumise à rétablissement lors de la survenance de certaines conditions.

Pour garantir une bonne mise en œuvre, le RR n° 32026 impose des exigences spécifiques en matière de soumission d'inventaires et de rapports. Les fabricants, importateurs et locataires de dépôts de stockage concernés sont tenus de soumettre des inventaires dûment notariés de tous les produits pétroliers couverts au 16 avril. Les certificats de retrait doivent également porter l'annotation : « STOCKS COUVERTS PAR L'EO N° 114, SÉRIE 2026. »

Ces exigences contribuent à protéger les recettes publiques, à prévenir l'utilisation abusive ou le détournement de carburant exonéré de taxes, et à garantir que l'allégement des droits d'accise n'est appliqué que dans le cadre et la durée autorisés de la suspension.

Dans l'ensemble, la suspension des droits d'accise a démontré une utilisation prudente et légale de la flexibilité budgétaire. Avec des règles claires en vertu du RR n° 32026, elle a fourni un allégement ciblé et limité dans le temps pour le GPL et le kérosène durant une période de coûts énergétiques élevés, tout en préservant l'intégrité et l'applicabilité du système de droits d'accise.

PROLONGATION DES DÉLAIS EN TANT QUE MESURE DE SOULAGEMENT ADMINISTRATIF
En complément de cette intervention budgétaire, des mesures de soulagement administratif ont été mises en œuvre par le BIR pour faciliter la conformité des contribuables. Conformément à sa pratique de longue date lors des périodes de perturbation, le BIR a publié la RMC n° 0302026 le 14 avril, prolongeant la date limite de dépôt et de paiement de l'impôt annuel sur le revenu 2025 et de soumission des pièces jointes requises du 15 avril au 15 mai, sans application de majorations, d'intérêts ou de pénalités.

Les contribuables ont également été autorisés à déposer leurs déclarations par voie électronique et à régler leurs obligations via des canaux de paiement numériques et des Banques agents agréées (AAB), quel que soit leur Bureau de district des revenus (RDO).

Cette prolongation a aidé les entreprises à préserver leurs flux de trésorerie alors que les coûts d'exploitation et d'énergie augmentaient. Pour beaucoup, en particulier les petites et moyennes entreprises, le report d'un mois a fourni un répit à court terme pour faire face aux obligations salariales et aux engagements envers les fournisseurs.

FACILITATION DES IMPORTATIONS DE CARBURANT ET SOUTIEN LOGISTIQUE
Le BIR a également joué un rôle essentiel dans la sécurisation de l'approvisionnement en carburant en facilitant les importations accélérées de produits pétroliers, notamment en soutien aux activités d'approvisionnement de la Philippine National Oil Company–Exploration Corporation (PNOC-EC).

En mars, le BIR, par l'intermédiaire de son Service des grands contribuables (LTS), a délivré des permis spéciaux à la PNOC-EC pour accélérer les importations d'urgence de produits pétroliers, simplifiant ainsi efficacement les exigences documentaires et procédurales. Le BIR a travaillé en étroite collaboration avec la PNOC-EC pour assurer le traitement en temps opportun des exigences de reporting afin d'accélérer les dédouanements pour les importations de carburant.

En soutenant l'approvisionnement en carburant et la logistique d'importation de la PNOC-EC, le BIR a contribué à stabiliser la disponibilité du carburant, mettant en évidence son rôle non seulement en tant qu'agence de collecte des recettes, mais aussi en tant que partenaire opérationnel dans les efforts plus larges de stabilisation économique. Ce rôle est souvent négligé, mais s'est révélé crucial durant la perturbation énergétique.

DISPOSITIONS TEMPORAIRES DE TÉLÉTRAVAIL POUR LES RBE
Parallèlement aux mesures du BIR, le FIRB a adopté une politique complémentaire visant à maintenir les opérations commerciales dans des conditions contraintes.

Cette politique a été définie dans la Résolution du FIRB n° 00526, en vigueur à compter du 24 mars, qui a permis aux entreprises enregistrées (RBE) dans les zones économiques et les ports francs d'adopter temporairement des dispositifs de télétravail (WFH) sans perdre leurs incitations fiscales et non fiscales. La résolution a autorisé les RBE à adopter des dispositifs WFH pour jusqu'à 90 % de leur personnel directement engagé dans le projet ou l'activité enregistré. Les Agences de promotion de l'investissement (IPA) peuvent fixer un seuil inférieur lorsque les opérations commerciales exigent une présence sur site, à condition que ce pourcentage ne soit pas inférieur à 50 %.

Une exception notable s'applique aux RBE du secteur des Technologies de l'information–Gestion des processus métier (IT‑BPM) qui maintiennent des enregistrements simultanés auprès du Board of Investments (BoI). Ces entreprises ne sont pas soumises aux mêmes limitations de personnel sur site, conformément au précédent établi en 2022 par la Résolution du FIRB n° 026‑22 qui leur avait permis de transférer leur enregistrement d'une zone économique ou d'un port franc IPA au BoI. Cette transition leur a permis d'adopter des dispositifs WFH à 100 % sans compromettre leurs incitations fiscales. En conséquence, les RBE disposant d'un enregistrement simultané auprès du BoI peuvent continuer à mettre en œuvre des dispositifs WFH complets, sous réserve des conditions et modalités spécifiques au BoI.

Cependant, des garanties sont intégrées dans le cadre. Les RBE qui dépassent le seuil WFH imposé par leur IPA sont soumises à l'impôt sur le revenu ordinaire sur la partie excédentaire, calculée en faisant la moyenne de tous les dépassements effectués par la RBE au cours du mois de non-conformité.

Des exigences strictes en matière de surveillance et de conformité s'appliquent également. Les RBE doivent notifier leurs IPA respectives, soumettre des inventaires vérifiés des équipements utilisés pour le télétravail et respecter les contrôles régissant le mouvement des actifs en dehors des zones économiques.

Il est à noter que les actifs importés ne peuvent être temporairement transférés qu'avec une approbation préalable et la constitution d'un cautionnement équivalant à 150 % des droits et taxes applicables. Cela garantit que les incitations fiscales ne sont pas utilisées de manière abusive et que les recettes publiques restent protégées.

LA VOIE À SUIVRE
Dans leur ensemble, les actions coordonnées du BIR, du FIRB et des agences connexes reflètent une réponse pragmatique et mesurée à une période de tensions économiques. Plus largement, ces mesures illustrent le rôle en évolution de la politique fiscale et d'incitation. Au-delà de la génération de revenus et de la réglementation, ces outils peuvent servir d'instruments de stabilisation capables de réagir rapidement, dans les limites légales et en proportion aux défis émergents.

À mesure que les perturbations mondiales deviennent plus fréquentes, la capacité à déployer des mesures politiques réactives mais responsables sera de plus en plus cruciale. L'expérience de 2026 offre un argument convaincant en faveur d'une gouvernance fiscale et d'incitation adaptative — qui équilibre l'allégement avec la responsabilité, et l'agilité avec la supervision — afin de favoriser la résilience, de maintenir la confiance des entreprises et de soutenir la stabilité économique.

Cet article est fourni à titre d'information générale uniquement et ne remplace pas un conseil professionnel lorsque les faits et les circonstances le justifient. Les points de vue et opinions exprimés ci-dessus sont ceux de l'auteur et ne représentent pas nécessairement les points de vue de SGV & Co.

Noel Andro D. Bico est directeur principal de la sous-ligne de services Conformité et rapports mondiaux de SGV & Co.

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