La Chine fait un pas audacieux vers une informatique plus écologique en lançant l'un des premiers centres de données sous-marins commerciaux au monde près de Shanghai en octobre.
Développée par le fabricant d'équipements maritimes Highlander en partenariat avec des entreprises de construction publiques, l'installation sous-marine servira des clients majeurs, notamment China Telecom et une entreprise publique de calcul d'IA.
Le concept est simple mais révolutionnaire : des serveurs placés sous l'eau exploitent les propriétés naturelles de refroidissement de l'océan pour réduire la consommation d'énergie et les émissions de carbone. En remplaçant les systèmes de climatisation énergivores utilisés dans les centres de données terrestres, cette technologie pourrait considérablement réduire les coûts opérationnels tout en s'alignant sur les objectifs de neutralité carbone de Pékin.
Highlander affirme que le hub de données de Shanghai tirera presque toute son électricité des parcs éoliens offshore, avec plus de 95% de son énergie provenant de sources renouvelables. L'installation est enveloppée dans un matériau résistant à la corrosion pour protéger son matériel de l'exposition à l'eau de mer, marquant une avancée dans le déploiement sous-marin durable à long terme.
Bien que cela marque la première tentative à grande échelle de la Chine en matière de stockage de données sous-marines, l'idée elle-même n'est pas nouvelle. En 2018, le Project Natick de Microsoft a testé avec succès un centre de données sous-marin similaire au large des côtes des îles Orcades en Écosse. L'expérience, qui a stocké et traité des données pendant deux ans, a démontré que les environnements sous-marins pouvaient améliorer la fiabilité des serveurs tout en réduisant les coûts de refroidissement.
Cependant, Microsoft n'a jamais commercialisé ce concept, citant des coûts élevés et des incertitudes techniques. En avril, les ingénieurs du projet l'ont plus tard décrit comme une "recherche moonshot", destinée à tester si l'énergie renouvelable et les environnements océaniques pouvaient soutenir en toute sécurité le Cloud computing haute performance.
Maintenant, la Chine reprend là où le Project Natick s'est arrêté. Avec le soutien de l'État et des subventions nationales, Highlander vise à transformer un concept expérimental en un modèle commercialement viable qui pourrait soutenir la demande croissante du pays en matière de Cloud computing et d'infrastructure d'IA.
Malgré la promesse d'efficacité, les experts avertissent que le déploiement à grande échelle de centres de données sous-marins peut comporter des risques écologiques. Les chercheurs ont soulevé des questions sur la façon dont les émissions de chaleur pourraient affecter les écosystèmes marins et si la maintenance sous-marine pourrait s'avérer plus complexe que prévu.
De plus, la stabilité de l'infrastructure sous-marine reste un défi technique. Les ingénieurs doivent assurer la fiabilité de la transmission des données, gérer les risques de corrosion et maintenir les systèmes d'alimentation dans un environnement à haute pression.
Highlander affirme que son site de Shanghai a été conçu avec des revêtements protecteurs avancés, des systèmes de régulation de température et une technologie anti-corrosion pour atténuer ces risques. La société note également que la surveillance environnementale sera continue pour assurer une perturbation minimale des habitats marins.
La poursuite de l'informatique sous-marine par la Chine reflète une stratégie nationale plus large visant à rendre l'infrastructure numérique plus durable. Avec des centres de données énergivores soutenant le secteur florissant de l'IA du pays, Pékin a encouragé les entreprises d'État à explorer l'intégration des énergies renouvelables et les innovations en matière d'efficacité.
Les subventions gouvernementales ont déjà soutenu le projet antérieur de Highlander dans la province de Hainan, et des initiatives similaires pourraient s'étendre aux régions côtières ayant accès à l'énergie éolienne offshore. Les analystes affirment qu'en cas de succès, les centres de données sous-marins pourraient devenir un élément clé des objectifs de réduction de carbone à long terme de la Chine, et une technologie d'exportation potentielle dans la course mondiale à l'informatique verte.
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