Points clés
Qu'est-ce qui distingue le projet de loi Bitcoin de la France des autres propositions de l'UE ?
Le projet de loi positionne le Bitcoin comme un actif de réserve souverain, rejetant l'euro numérique de l'UE en faveur d'alternatives, comme les stablecoins.
Quelle serait l'importance de la réserve de Bitcoin proposée par la France ?
Si elle était adoptée, la réserve de 420 000 BTC de la France dépasserait les avoirs américains, faisant d'elle le plus grand détenteur souverain de Bitcoin au monde.
Le parti conservateur UDR de France a présenté le 28 octobre un projet de loi novateur qui établirait une réserve nationale de Bitcoin. Ce projet de loi, s'il est adopté, positionne le pays comme un cas particulier en matière de politique crypto au sein de l'Union européenne.
La proposition, déposée au Parlement français, appelle à la création d'une institution publique pour gérer une réserve de 420 000 BTC, selon des rapports.
Cela représente environ 2 % de l'offre totale, faisant effectivement du Bitcoin un actif stratégique soutenu par l'État.
Si elle est adoptée, la France dépasserait les 326 588 BTC détenus par les États-Unis, devenant ainsi le plus grand détenteur souverain de Bitcoin au monde.
Source : Bitcoin Treasuries
Aux prix actuels du marché, la réserve vaudrait plus de 48 milliards de dollars, offrant à la France une couverture monétaire unique dans le contexte des efforts mondiaux visant à diversifier les réserves loin du dollar américain.
La crypto souveraine plutôt que la monnaie centralisée
Les auteurs du projet de loi décrivent le Bitcoin comme un "or numérique national" capable de protéger la souveraineté financière de la France. Il propose de financer la réserve par le minage public alimenté par l'excédent d'énergie nucléaire et hydroélectrique.
De plus, il propose la conservation des BTC saisis lors de procédures criminelles et une petite allocation quotidienne provenant des plans d'épargne nationaux, comme le Livret A.
Dans un défi direct à la politique monétaire de l'UE, le projet de loi exhorte également à s'opposer à l'euro numérique [CBDC]. Il le décrit comme un "outil centralisant" qui menace la liberté financière.
Au lieu de cela, il appelle à promouvoir les stablecoins libellés en euros, permettant aux citoyens d'effectuer des paiements exonérés d'impôts jusqu'à 200 € par jour et même de payer des impôts en utilisant ces actifs.
L'initiative positionne la France comme l'un des rares membres de l'UE cherchant une alternative axée sur le marché à l'euro numérique, s'alignant davantage sur la position pro-Bitcoin émergente des États-Unis que sur l'approche réglementaire prudente de Bruxelles.
Ambition politique, effet de levier limité
Malgré sa portée audacieuse, le projet de loi fait face à un combat difficile. Le parti UDR, dirigé par Eric Ciotti, ne détient que 16 des 577 sièges à l'Assemblée nationale, lui donnant peu d'effet de levier législatif.
La proposition est indépendante du projet de loi de finances en cours et manque de soutien multipartite.
Néanmoins, son introduction marque un tournant dans le débat crypto en France.
Elle reflète une volonté politique croissante de présenter le Bitcoin non pas simplement comme un actif spéculatif, mais comme un outil d'indépendance économique — un récit de plus en plus repris aux États-Unis et dans certaines parties de l'Asie.
Même si le projet de loi échoue, il pourrait remodeler les discussions futures sur la souveraineté numérique au sein de l'UE.
En proposant une réserve adossée au Bitcoin, la France signale sa volonté de remettre en question l'approche centralisée du bloc et d'explorer comment les actifs décentralisés pourraient redéfinir le pouvoir dans la prochaine ère financière.
Source : https://ambcrypto.com/france-proposes-bitcoin-reserve-defying-eu-digital-euro-plans/


