La Colombie a franchi une nouvelle étape vers une surveillance plus stricte de l'activité des crypto-monnaies en déployant des règles détaillées de déclaration fiscale qui s'alignent sur les normes mondiales émergentes. L'autorité fiscale du pays, la DIAN, a adopté ces mesures par le biais de la résolution 000240, signée fin décembre, imposant aux fournisseurs de services d'actifs crypto des obligations plus claires et plus formelles à partir de l'année fiscale 2026.
Ces changements interviennent alors que les gouvernements du monde entier se préparent à mettre en œuvre le Cadre de déclaration des crypto-actifs de l'OCDE, connu sous le nom de CARF. Ce cadre vise à normaliser la manière dont les pays collectent et échangent des informations sur les transactions crypto afin de réduire l'évasion fiscale et d'améliorer la transparence transfrontalière. La démarche de la Colombie la place parmi les juridictions qui se préparent activement à ce changement.
En vertu des nouvelles règles, l'activité crypto ne reposera plus principalement sur l'autodéclaration des particuliers. Au lieu de cela, la DIAN recevra des informations structurées directement des plateformes, donnant aux autorités fiscales une vision plus claire de la manière dont les actifs numériques sont utilisés dans le pays.
Nouvelles obligations pour les plateformes crypto
La résolution étend les obligations de déclaration aux plateformes d'échange de crypto-monnaies, aux plateformes de garde et aux autres fournisseurs de services qui facilitent les transactions d'actifs numériques pour les utilisateurs colombiens. Cela inclut les plateformes étrangères qui offrent des services aux contribuables en Colombie, même si elles opèrent depuis l'étranger.
Les fournisseurs doivent collecter des informations d'identification sur les utilisateurs et des données détaillées sur les transactions effectuées au cours de l'année. L'objectif est de permettre à la DIAN de faire correspondre l'activité crypto déclarée avec les déclarations fiscales individuelles et de détecter les lacunes ou les incohérences de manière plus efficace.
Bien que les règles s'appliquent formellement à l'activité à partir de 2026, les plateformes sont censées ajuster leurs systèmes bien à l'avance. Les premiers rapports annuels complets couvrant les transactions de 2026 doivent être soumis au plus tard le dernier jour ouvrable de mai 2027, selon la résolution.
Lien avec les normes mondiales de déclaration
Le cadre de la Colombie reflète étroitement le modèle CARF de l'OCDE, qui étend les règles internationales existantes de déclaration fiscale au secteur crypto. Le CARF exige que les pays participants échangent automatiquement des informations, de manière similaire à la façon dont les données de comptes bancaires sont partagées en vertu d'accords de transparence antérieurs.
En alignant ses règles nationales sur le CARF, la Colombie se positionne pour participer à de futurs échanges d'informations avec d'autres juridictions. Cela est particulièrement pertinent car les utilisateurs de crypto déplacent souvent des actifs au-delà des frontières avec facilité, rendant la surveillance unilatérale moins efficace.
Cette démarche signale également un changement de politique plus large. Bien que la Colombie n'ait pas interdit l'activité crypto, elle renforce l'idée que les actifs numériques relèvent pleinement du système fiscal. À mesure que l'adoption du CARF se répand dans le monde, des régimes de déclaration similaires devraient devenir la norme plutôt que l'exception.
Pour les autorités colombiennes, les nouvelles règles promettent des outils d'application plus solides. Pour les plateformes crypto et les utilisateurs, elles marquent une transition vers un contrôle plus strict et une intégration plus formelle des actifs numériques dans les cadres traditionnels de conformité fiscale.
Source : https://coinpaper.com/13660/colombia-joins-global-crypto-tax-network-platforms-must-report-by-2026


