En bref
- La startup bostonienne AlterEgo a dévoilé un appareil portable qui permet aux utilisateurs de communiquer silencieusement avec des machines en décodant les signaux neuromusculaires de la mâchoire et de la gorge.
- Cette technologie s'appuie sur un prototype du MIT Media Lab de 2018 qui a démontré que la parole subvocale pouvait être captée et traduite avec une grande précision.
- AlterEgo positionne son approche non invasive comme une alternative pratique aux implants cérébraux comme Neuralink ou aux bracelets EMG de Meta.
Une startup de Boston appelée AlterEgo a dévoilé lundi un appareil portable qui permet aux utilisateurs de communiquer silencieusement avec des ordinateurs, marquant la première tentative sérieuse de commercialiser une technologie révolutionnaire développée au MIT Media Lab.
L'appareil, décrit par l'entreprise comme une interface "quasi-télépathique", ne lit pas l'activité cérébrale. Au lieu de cela, il détecte de faibles signaux neuromusculaires dans le visage et la gorge lorsqu'une personne verbalise intérieurement des mots. Ces signaux sont décodés par un logiciel d'apprentissage automatique et transmis sous forme de commandes ou de texte. Les réponses sont délivrées en privé via un système audio à conduction osseuse.
L'histoire a d'abord été rapportée par Axios, et partagée par le fondateur de l'entreprise Arnav Kapur sur X.
Cette approche s'appuie sur des recherches présentées pour la première fois au MIT en 2018, lorsque Kapur, alors étudiant diplômé, a introduit un prototype de casque sous le même nom. Cette version a démontré que la parole subvocale — des mots prononcés en silence — pouvait être captée avec une précision suffisante pour contrôler des systèmes simples. Le laboratoire l'a positionné comme une aide potentielle pour les personnes souffrant de troubles de la parole, tout en suggérant des applications plus larges dans l'interaction homme-machine.
AlterEgo n'a pas divulgué de détails concernant le financement, le calendrier de lancement ou la stratégie de commercialisation, mais l'entreprise présentera publiquement la technologie lors du Sommet Axios AI+ à Washington, D.C., le 17 septembre.
Le système s'appuie sur plusieurs axes de recherche existants. L'électromyographie, ou EMG, est utilisée depuis longtemps dans les prothèses pour capter les impulsions musculaires permettant de contrôler des membres artificiels ; AlterEgo applique le même principe aux muscles impliqués dans la parole. L'armée américaine a soutenu des expériences similaires de "parole subvocale" dans les années 2000, bien que les premiers prototypes aient été encombrants et imprécis. L'audio à conduction osseuse, qui transmet le son par des vibrations dans le crâne, est une technologie bien établie dans les casques grand public et les appareils auditifs.
Ce qui distingue AlterEgo, c'est l'intégration de ces éléments dans un ensemble discret et portable avec un apprentissage automatique amélioré capable d'analyser la parole silencieuse en temps réel. Contrairement aux interfaces cerveau-ordinateur invasives comme Neuralink, ou aux casques EEG non invasifs qui tentent d'interpréter les ondes cérébrales, AlterEgo ne cherche pas à décoder directement la pensée. Il n'enregistre que les signaux moteurs intentionnels, une distinction que l'entreprise souligne comme une protection de la vie privée des utilisateurs.
En cas de succès, l'appareil pourrait redéfinir la façon dont les gens interagissent avec les systèmes d'intelligence artificielle et les appareils connectés en créant un canal de communication sans claviers, écrans tactiles ou voix parlée. Pour les consommateurs, cela pourrait signifier chuchoter une commande à un assistant d'IA dans une pièce bondée sans être entendu. Pour les personnes souffrant de troubles de la parole, cela pourrait offrir une nouvelle façon d'interagir avec le monde.
L'entreprise entre dans un domaine qui attire l'attention des grands acteurs. Neuralink d'Elon Musk poursuit le développement d'implants cérébraux invasifs axés sur les applications médicales. Meta a exploré des bracelets qui détectent les signaux EMG dans l'avant-bras pour contrôler des systèmes de réalité augmentée, tandis qu'Apple et Google continuent d'investir dans des interfaces portables liées à la voix et aux gestes.
Le pari d'AlterEgo est qu'un système léger et non invasif s'avérera plus pratique — et plus acceptable pour les consommateurs — que des implants ou du matériel encombrant.
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Source: https://decrypt.co/338527/near-telepathic-wearable-communicate-silently-devices


