Polymarket et Kalshi font face à un contrôle réglementaire croissant, et l'Espagne est désormais la dernière juridiction à intervenir. Après des défis allant des préoccupations de sécurité aux enquêtes gouvernementales, les régulateurs espagnols ont entamé une procédure formelle contre les deux opérateurs de marchés de prédiction et ordonné le blocage de leurs sites à l'échelle nationale.
La Direction générale de la réglementation des jeux d'Espagne a lancé une procédure de sanction visant Polymarket et Kalshi. En parallèle de l'ouverture de la procédure, l'autorité a ordonné le blocage à l'échelle nationale des sites web des deux plateformes sur l'ensemble du territoire espagnol, à titre de mesure conservatoire, dans l'attente de l'issue de l'affaire.
Le régulateur espagnol a fondé cette action sur des allégations selon lesquelles les entreprises opèrent sans l'autorisation adéquate. Dans un communiqué officiel lié à l'affaire, l'agence a indiqué avoir initié la procédure de sanction en raison de ce qu'elle a qualifié de violations des règles relatives aux jeux d'argent.
L'accusation repose sur le fait que Polymarket et Kalshi sont présents en Espagne sans la licence administrative obligatoire. Selon le régulateur, l'Espagne — à l'instar d'autres juridictions européennes — considère les marchés de prédiction comme des jeux de hasard dans lesquels les utilisateurs misent sur des résultats futurs incertains.
Selon cette interprétation, les plateformes opérant sur le territoire espagnol doivent obtenir une licence administrative spécifique. L'autorité a soutenu que les opérateurs non autorisés ne fournissent pas les garanties techniques et réglementaires qu'exige l'Espagne pour les activités de jeux d'argent.
Ces garanties comprennent des systèmes de vérification d'identité, des mécanismes destinés à empêcher l'accès des mineurs, des contrôles relatifs aux personnes auto-exclues ou interdites, ainsi que des normes de supervision visant à protéger les utilisateurs.
Le régulateur a également indiqué que la procédure engagée contre Polymarket et Kalshi devrait durer environ trois à quatre mois avant qu'une décision finale soit rendue.
L'action espagnole fait suite aux pressions exercées sur Polymarket et Kalshi ailleurs, faisant de ce mois une période particulièrement difficile pour le secteur. Parmi les développements antérieurs, Polymarket a dû faire face à une faille de sécurité et a également été interdit en Indonésie lundi, après une attention locale accrue autour d'un pari lié au mandat du Président.
Le ministère indonésien de la Communication et des Affaires numériques a indiqué que la restriction visait à protéger le public, en mettant l'accent sur les jeunes utilisateurs et les personnes participant à l'espace numérique.
Aux États-Unis, le représentant James Comer a annoncé une enquête formelle sur les deux plateformes de marchés de prédiction. Dans le cadre de cette enquête, Comer a demandé aux PDG des deux sociétés d'expliquer comment leurs plateformes détectent et préviennent le délit d'initié.
L'enquête aurait été déclenchée par une série de transactions suspectes liées à des opérations militaires américaines classifiées et à des événements géopolitiques. L'Espagne ayant désormais entamé une procédure de sanction et de blocage de l'accès, la liste des régulateurs concernés continue de s'allonger.
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