La volonté du Canada de transformer son engagement diplomatique en accords bancables sera au cœur de l'actualité ce mois-ci, alors que Lagos accueille la 6e conférence d'affaires Canada–Afrique, une réunion de deux jours qui s'impose rapidement comme la principale plateforme permettant aux décideurs canadiens et nigérians d'aligner leurs ambitions en matière de commerce et d'investissement.
La Chambre de commerce Canada–Afrique organisera la conférence à Lagos du 24 au 25 juin 2026, avec la participation attendue de dizaines d'entreprises canadiennes. Cette date fait suite à une visite de haut niveau au Nigeria du Secrétaire d'État canadien (Développement international), Randeep Sarai, du 21 au 22 mai 2026. Au cours de cette visite, il a mis en avant la réunion de Lagos comme pierre angulaire de l'engagement économique du Canada avec l'Afrique.
Sarai a encadré l'approche du Canada autour d'une carte mondiale de la croissance en mutation. Il a soutenu que des villes telles que Lagos, Nairobi et Accra façonnent désormais le « prochain chapitre de la croissance mondiale » autant que Londres, New York et Toronto. Ses remarques positionnent le Nigeria non seulement comme une priorité bilatérale, mais aussi comme une porte d'entrée régionale pour les entreprises canadiennes en Afrique de l'Ouest et centrale.
L'équipe commerciale d'Ottawa renforce ce message. Le ministre du Commerce international, Maninder Sidhu, a souligné que le Nigeria est le deuxième partenaire commercial en marchandises du Canada en Afrique. Le Nigeria est également un marché clé alors que le Canada cherche à doubler ses exportations hors États-Unis d'ici 2035. Cet objectif d'exportation s'impose comme un point de référence central de la politique africaine du Canada. Il accorde une plus grande importance aux partenariats avec des économies à forte croissance et tournées vers la réforme.
Pour les investisseurs, la conférence offre une vue concentrée sur la manière dont la rhétorique politique pourrait se traduire en mandats, en term sheets et en coentreprises transfrontalières. L'ordre du jour couvre le commerce, l'investissement, le financement, les infrastructures, l'expansion du commerce de détail, la technologie et l'énergie. La participation inclut des chefs d'entreprise, des partenaires institutionnels et des représentants gouvernementaux de haut rang des deux pays.
L'architecture du secteur privé autour de la conférence est également remarquable. Garreth Bloor, président de la Chambre de commerce Canada–Afrique, a désigné Zenith Bank Plc comme principal établissement financier pour les entreprises canadiennes opérant à travers l'Afrique. Zenith sera le sponsor principal de la réunion de Lagos. Cela témoigne de la capacité bancaire locale à structurer des transactions transfrontalières, à fournir des instruments d'atténuation des risques et à soutenir les besoins en fonds de roulement et en financement de projets.
La directrice générale du groupe et directrice générale de Zenith, Dame Adaora Umeoji, décrit l'événement comme une « plateforme importante » pour approfondir le commerce et l'investissement Canada–Nigeria. Elle souligne également son rôle dans l'avancement de partenariats qui soutiennent une croissance partagée, l'innovation et une prospérité durable. Pour les entreprises et les fonds canadiens, un partenaire bancaire nigérian solide réduit le risque d'exécution. Cela est particulièrement important dans les domaines des infrastructures, de l'énergie et de l'expansion de la consommation, où le financement en monnaie locale et la navigation réglementaire sont essentiels.
La sécurité et la résilience opérationnelle sont également au programme. GardaWorld Security – Africa, qui opère au Nigeria depuis plus d'une décennie et gère des infrastructures dans 13 pays africains, soutient la conférence. Le directeur général Mike Gibson positionne l'entreprise comme un « champion mondial » dans les services de sécurité sur mesure et les solutions technologiques. Il souligne son engagement à aider les clients à prospérer au Nigeria et sur l'ensemble du continent. Pour les investisseurs envisageant une première entrée ou une montée en puissance, la présence d'un prestataire de sécurité établi avec des racines canadiennes apporte un niveau de confort supplémentaire.
L'accent mis sur les secteurs correspond aux forces comparatives du Canada. Sidhu s'attend à ce que la participation canadienne se concentre sur les services financiers, les infrastructures, l'énergie, les mines, l'agriculture et les technologies propres. Ceux-ci correspondent aux priorités nigérianes en matière de fiabilité de l'alimentation électrique, d'agriculture climatiquement intelligente, de développement minéral à valeur ajoutée et d'infrastructures urbaines. Cet alignement augmente la probabilité que les discussions de la conférence puissent rapidement évoluer vers des projets bancables.
La Chambre de commerce Canada–Afrique présente le forum de Lagos comme faisant partie d'un effort plus large visant à renforcer les liens économiques menés par le secteur privé entre le Canada et les marchés africains et à soutenir la diversification commerciale au-delà des États-Unis.
Pour les investisseurs institutionnels et les entreprises, la 6e conférence d'affaires Canada–Afrique constituera un baromètre utile pour déterminer si le capital et les capacités canadiens sont prêts à se développer dans l'économie nigériane en pleine croissance. Plus important encore, elle indiquera quelles transactions spécifiques commenceront à émerger dans les mois qui suivront.
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